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FILM CULTE 2001 : A Space Odyssey

FILM CULTE 2001 : A Space Odyssey
2001 : A Space Odyssey de Stanley Kubrick

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2001 : A Space Odyssey est d'après moi bien plus qu'un film, c'est une véritable expérience, tant psychologique, philosophique, qu'esthétique. Et c'est d'ailleurs pour cela que je n'arrive pas à classer, noter, évaluer ce film. Je n'arrive pas à savoir s'il me plaît au sens où les films de mon Top 30 me plaisent. De surcroît, je pense qu'il est impossible de l'apprécier à sa juste valeur, que seul Stanley Kubrick le peu. C'est pourquoi j'ai décidé de consacrer un dossier entier à ce film, où je vais tenter d'apporter mon explication personnelle, qui ne se veut en aucun cas universelle!


Le film démarre à l'aube de l'Humanité, quatre millions d'années avant Jésus Christ. Ici, Kubrick nous montre les premiers affrontements qui précèderont les grandes guerres de l'Humanité. Deux tribus primates se disputent le même point d'eau. Notons la présence d'un monolithe noir, dont nous reparlerons tout au long du film. C'est alors qu'une avancée considérable se produit: l'un des primates crée le premier objet de l'Histoire, un os avec lequel il tape sur un squelette. Cet outil lui servira dans sa lutte contre la tribu adverse. De là surgit un point très important : le premier outil de l'Humanité s'avère être une arme. Puis se produit une ellipse formidable, l'os jeté en l'air devient une navette spatiale, summum de l'évolution humaine.

Effectivement, on se retrouve alors en 2001, où l'Homme a su maîtriser la technologie comme jamais pour se rendre dans l'espace. Mais Kubrick installe alors les prémices d'un doute: les Hommes doivent réapprendre le plus basique. En effet, ils doivent réapprendre à se nourrir, à marcher, à faire leurs besoins. Le contraste est saisissant! C'est alors que les Hommes explorent la Lune et découvrent le fameux monolithe noir du début du film. En l'approchant, ils sont frappés par un sifflement assourdissant. Ce monolithe se révèle comme imprenable, inapprochable.

Puis, dix-huit mois plus tard, une mission est envoyée sur Jupiter. A son bord, un ordinateur très évolué et réputé sans faille. Ce dernier surpasse donc l'être humain du fait de sa perfection. L'inimaginable se produit alors. L'ordinateur se trompe, provoquant alors une réaction de peur chez les humains, qui projettent ainsi de le déconnecter. Seulement, l'ordinateur a tout prévu, il réussi à faire sortir les humains hors du vaisseau et les blocs dehors. Mais l'un d'eux parvient tout de même à pénétrer à bord, à l'aide d'une porte exclusivement manuelle, comme un reste d'Humanité dans ce monde informatisé. De là, ce survivant parvient à déconnecter l'ordinateur à l'aide d'un simple tournevis, comme pour montrer que ce qui a mis tant de millénaires à se construire peut s'écrouler de la plus simple des façons.

Vient ensuite la partie la plus curieuse et peut-être la plus indéchiffrable du film, le voyage dans l'espace temps de ce survivant. Après avoir traversé des paysages épileptiques, le survivant se retrouve dans une chambre au style très seizième siècle. Il apparaît alors comme extrêmement vieilli et usé, d'autant plus qu'il fait face à sa propre mort. Il voit en effet son image dans un lit, mourant. Puis, se dresse dans la pièce le fameux monolithe noir. Alors, le vieillard mourant dans le lit est remplacé par une sphère lumineuse. La caméra fond alors sur le monolithe et l'espace apparaît avec un embryon lumineux flottant dans le ciel...

Ceci s'avère n'être qu'un résumé simpliste du film, le plus dur étant d'en tirer des significations, ce que je vais tenter de faire à présent.

Pour ma part, j'interprète la présence du monolithe noir comme la présence divine, peu importe la religion ou les croyances. En effet, ce bloc de pierre noir est très neutre, ainsi il ne fait référence à aucune religion, il connote simplement l'idée même de religion. Sa présence perpétuelle tout au long du film semble indiquer que l'évolution de l'Humanité s'est constamment faite avec des références divines. D'ailleurs, la scène finale me conforte dans mon interprétation du sens qu'a ce monolithe.

En effet, reprenons depuis le début. Au commencement, on voit le début de l'Humanité, primaire et non développée, qui découvre le premier outil de l'Histoire. Puis une brillante ellipse nous emmène en 2001, au sommet de la technologie. En réalité, Kubrick nous emmène au sommet de l'évolution humaine, un sommet qui s'avère être le début d'un déclin. Effectivement, l'Homme doit réapprendre les bases et se trouve confronté à ses propres machines. L'homme est devenu l'outil de ses propres machines. D'où le déclin de la civilisation humaine et la dernière partie aux confins de l'infini. Remarquons que l'astronaute est seul dans l'espace, comme le seul survivant de l'espèce humaine. Il se trouve confronté à sa propre mort, comme pour lui indiquer la fin de la race humaine et le début d'une ère nouvelle. La présence du monolithe induit qu'une intervention divine est à l'origine de cette nouvelle ère, et l'embryon en est la preuve vivante. Quant à l'existence d'une entité extra-terrestre dont on parle pendant le film, elle est nécessairement liée à cet embryon. Je pense même que Kubrick voyait dans la vie extra-terrestre rien de moins que l'évolution de l'espèce humaine.

D'après moi, Kubrick a donc voulu décrire un cycle d'évolution, de la base au sommet, en insistant particulièrement sur la chute et sur l'avenir. Une fois encore, il a prouvé qu'il était un visionnaire hors norme. Mais toute cette explication n'est qu'une explication de sens, or la part esthétique du film est tout aussi importante, c'est pourquoi il convient je pense d'en parler.

Commençons par la beauté visuelle du film, qui prend forme dès les premières secondes avec un alignement Terre - Soleil - Lune absolument exceptionnel, d'autant plus que le film date de 1968. Puis, l'apparition du monolithe noir est en plus d'être un choc psychologique, un véritable choc visuel. En effet, du fait de sa perfection géométrique, de sa couleur impénétrable, de sa stature imposante, il induit une domination certaine, d'où l'idée de la référence divine. Puis, dans l'espace, Kubrick s'amuse avec la pesanteur et avec les silences. Les silences jouent un rôle très important. Ils procurent tout d'abord un sentiment très oppressant et servent l'idée qui veut que l'Homme est seul. La lenteur de très nombreuses scènes est je pense nécessairement liée à l'idée du temps qu'il a fallu pour atteindre ce sommet d'évolution. Quant à la pièce d'inspiration très seizième siècle, elle marque à mon avis un retour dans le passé, comme pour dire à l'Homme qu'à force de trop vouloir se développer il est devenu la victime de son évolution (l'ordinateur prétendu infaillible qui se rebelle). Quant à la source lumineuse provenant de l'embryon, elle m'inspire une idée de renouveau et d'intervention divine, ce qui colle avec l'interprétation que j'ai faite de cette scène.

L'autre esthétisme du film est musical. En effet, comment rester insensible à Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss et au Beau Danube bleu de Johann Strauss. On retrouve ici la passion de Kubrick pour la musique classique, présente dans tous ses films. Et personnellement, ces musiques m'inspirent une idée d'immensité, commune à l'espace. Malheureusement, je n'ai pas assez de connaissances en musique classique pour y trouver d'autres interprétations.

Ce qui est certain, c'est que 2001 : A Space Odyssey n'est pas, mais alors pas du tout, un film comme les autres. Comme je l'ai dit, il tient plus du domaine de l'expérience que du simple domaine du film. Les interprétations sont multiples et je pense qu'aucune ne concordera vraiment avec celle de Stanley Kubrick lui-même. Les réactions provoquées par ce film sont elles aussi multiples, certains crient au chef d'oeuvre, d'autres voit dans ce film un ennui mortel et inexplicable.
Je crois que c'est finalement ce qui fait la magie du cinéma, et de l'art en général...

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# Posté le mercredi 04 juillet 2007 05:42

Modifié le mercredi 11 juillet 2007 07:05

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